L'histoire du Château Ducru-Beaucaillou débute réellement au 18ème siècle, car auparavant, le domaine faisait partie de la Baronnie de Beychevelle, dépendante de la Seigneurie de La Marque.
La propriété est ancrée sur un terrain pierreux, d'où le nom de "Beaux cailloux", que les vignerons locaux appellent aussi les "sucres du cantonnier". Ducru est le nom du propriétaire qui fit alors construire l'élégant bâtiment en pierres blondes en 1820. Quelques décennies plus tard, c'est le puissant négociant Nathaniel Johnston, également propriétaire de Château Dauzac, où fut expérimentée la "bouillie bordelaise" contre le fléau du mildiou, qui donna son élan à Ducru-Beaucaillou. L'histoire raconte que c'est en voulant se protéger contre les maraudeurs de raisins que son inventeur découvrit, à son vif étonnement, l'efficacité du sulfate de cuivre dans la lutte contre le mildiou! Au niveau de l'architecture du château, c'est N. Johnston qui fit ajouter les deux pavillons symétriques à la fin du 19ème. Depuis 1942, la famille Borie est propriétaire du domaine. A partir de 2003, c'est Bruno Borie qui veille aux destinées du Château Ducru-Beaucaillou, tout en y résidant.
Situé exactement entre Beychevelle et l'estuaire de la Gironde, le vignoble de 100ha de Château Ducru-Beaucaillou, orienté sud-est, est scindé en trois lots distincts. A l’est, adossé à la Gironde, le meilleur terroir, situé sur un socle calcaire mêlé de graves günziennes. Situé plus au nord-ouest du plateau et séparé de la première parcelle par un ruisseau, un second lot, très qualitatif, est constitué principalement de graves du quaternaire. A eux deux, ils forment l’aire du vignoble du 1er vin de Ducru-Beaucaillou. Le troisième lot, caractérisé par un sol de graves et de sables éoliens, sert essentiellement de pôle laboratoire dans l’application de techniques viticoles de pointe.
Bruno Borie applique une méthode de travail impliquant la responsabilisation de chaque vigneron, lequel est totalement responsable de sa parcelle tout au long des saisons. A la vigne, la date de la taille détermine la date du débourrage. Ainsi, par exemple, une taille plus tardive du Merlot et celle plus précoce du Cabernet Sauvignon permettent de moins étaler la période des vendanges. Pour lutter contre le compactage des sols, Ducru-Beaucaillou utilise uniquement de petits tracteurs de moins d’une tonne pour les travaux dans vignes. Une gestion différenciée du vignoble de Ducru-Beaucaillou est effectuée selon le potentiel des terroirs. Bruno Borie a constaté empiriquement que les terroirs les plus qualitatifs étaient en général moins sensibles aux maladies. Cette constatation permet d’essayer de sortir de la routine et, parfois, d’appliquer des approches un peu plus risquées que seuls de grands terroirs peuvent supporter. La politique de Ducu-Beaucaillou est de conserver une capacité de souplesse afin de s’adapter aux caractéristiques du millésime. Ainsi, une floraison tardive indique souvent des rendements réduits. A l’inverse, une floraison précoce permettra de prendre davantage de risques en augmentant les rendements. L’utilisation progressive de produits plus bio, de la confusion sexuelle et des labours mécaniques, permettent une culture de plus en plus propre au Château Ducru-Beaucaillou. Lors de la véraison, des vendanges en « rosé » sont effectuées pour réhomogénéiser la récolte. La vendange se fait manuellement en cagettes. Des tests récents de tables de tri optique ont donné de fantastiques résultats et seront poursuivis ces prochaines années.
Les fermentations se font en cuve avec une extraction par remontages. L’entonnage se fait en décembre, puis un remontage en cuve en février permet d’effectuer les assemblages. Le vin est alors mis à l’élevage pour 18 mois en barriques à 90% de bois neuf avec soutirage à l’esquive tous les 3 mois. La propriété utilise des barriques raclées et non poncées car ces dernières modifient la capillarité de la barrique. Quatre tonneliers français fournissent Ducru-Beaucaillou en barriques de chauffe moyenne. Depuis quelques années, de nouvelles bouteilles avec 55mm de col cylindrique sont utilisées pour le premier vin de Château Ducru-Beaucaillou. Elles permettent d’utiliser des bouchons de 54 qui sont les meilleurs bouchons actuellement disponibles sur le marché.
Les vins de Ducru-Beaucaillou, d'une grande grâce, sont souvent reconnaissables de leurs pairs d'appellation par leur grande finesse classique. C’est l’un des vins les plus élégants de la Rive Gauche. Suite à une contamination des chais par le Brett, certains millésimes de la fin des années 80 / début 90 présentent parfois des déviances aromatiques déplaisantes. Ce problème est aujourd’hui résolu avec la construction de nouveaux chais modernes. Les grands millésimes du passé sont les Ducru-Beaucaillou 1961, 1982, 1986 et 1989. Plus proche de nous, Château Ducru-Beaucaillou a sorti un 2000 mythique. Tous les vins de Ducru-Beaucaillou à partir de 2004 sont remarquables.
Ducru-Beaucaillou, La Croix de Beaucaillou (second vin)
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Pour le club toulousain In Vino Veritas.
Présentation rubis, avec une pointe de grenat, sombre, très brillante.
Effluves discrets, polis, sur la cerise, le noyau, une pointe végétale.
Pulpe séveuse, salivante, satinée, au charme irrésistible, conjuguant gourmandise et puissance. Un vin souverain, abouti, offert, qui n'incite pas à recracher. Un très beau St-Julien, comme on les aime.