Château Lafleur possède certainement l’un des meilleurs terroirs de l'appellation Pomerol, avec son vignoble d'un seul tenant de 4.5 hectares.
Propriété de Marie Robin jusqu’à son décès en 2002, Château Lafleur fut alors racheté par la famille Guinaudeau, présente sur le domaine depuis 1872, Jacques Guinaudeau lui-même étant le gérant du domaine depuis 1985.
Le vignoble de Lafleur constitue un quadrilatère d’un seul tenant. Ayant pour voisins prestigieux Petrus, La Croix de Gay, Hosanna, Vieux Château Certan et Gazin, Château Lafleur propose un encépagement constitué à 50% de Merlot et 50% de Cabernet-Franc plutôt inhabituel à Pomerol. Pour Jacques Guinaudeau, le sol est plus important que le cépage. Ainsi, des études des sols de Château Lafleur ont fait ressortir cinq différentes zones aux caractéristiques distinctes. Au sud, un lot argilo-graveleux, au sud-ouest une zone plus graveleuse et enfin au nord, devant le château, une parcelle plus argilo-sableuse. Ce sont les trois meilleures parcelles de Lafleur. A l’est, une parcelle plus sablo-argilo-graveleuse et, au centre du vignoble, une sorte de croupe profonde, riche en nutriments et en eau, sont plus productives et un peu moins qualitatives. Elles servent essentiellement à la production du 2ème vin, Les Pensées de Lafleur.
Les vignes de Château Lafleur sont travaillées de manière très traditionnelle avec une taille en Guyot double à deux astes permettant une bonne aération des grappes. Des replantations ont progressivement eu lieu depuis 1993 afin de remplacer des pieds manquants suite à la maladie du court-noué. Un détail amusant : les cépages sont mélangés au sein du vignoble car auparavant les Merlots et les Cabernets Francs étaient vendangés ensemble ! Aujourd’hui, les pieds de vignes de Lafleur ont été marqués afin de permettre une vendange séparée des cépages. De futures replantations sont planifiées afin d’optimiser les cépages aux caractéristiques des parcelles de Lafleur. Les sols sont griffés pour laisser les grosses graves en surface et ne pas les enfouir. Château Lafleur ne pratique pas le chaussage des vignes. De légères vendanges en vert et un peu d’effeuillage manuel constituent l’essentiel du travail à la vigne. Au sein des zones graveleuses de Lafleur, les galets permettent d’avoir des maturités un peu plus précoces qu’ailleurs dans l’appellation.
L’approche de Jacques Guinaudeau est plutôt dirigiste à la vigne, mais par contre très simple et peu interventionniste au chai. Les vendanges sont réparties selon la maturité phénolique des fruits. Un tri sévère est effectué à la vigne, puis un éraflage total est effectué avant l’arrivée au cuvier. Là, les raisins macèrent à une température de 28-30° pendant 18 à 20 jours avec des petits remontages deux fois par jour et commencent leur fermentation alcoolique. Après l’écoulage, les fermentations malolactiques sont faites par ensemencement en barriques et durent en général jusqu’en décembre. A la fin de la malo, les assemblages de Château Lafleur sont effectués et le vin est remis en barriques pour 40% neuves. Un soutirage est effectué tous les trois mois environ. Aucune opération risquant de stresser le vin n’est jamais entreprise. Le vin n’est ainsi pas filtré, un simple collage aux blancs d’œufs étant effectué en début d’été.
La philosophie des Guinaudeau est de toujours essayer de rester proche des caractéristiques du millésime. Et ça se sent dans l’évolution récente du style de Château Lafleur; auparavant, Lafleur proposait des vins souvent puissants et explosifs, denses et concentrés, élégants et aptes à une très longue garde. Depuis la reprise en propre du domaine par Jacques Guinaudeau, s’ajoute à cette liste impressionnante de qualités, davantage de finesse et d’expression du terroir.
Depuis la fin des années 90, les vins de Château Lafleur ont encore gagné en définition de fruit et en minéralité, sans pour autant perdre la profondeur de texture qui faisait leur grandeur. Le terroir privilégié de graves sur argiles de Château Lafleur permet toujours d'obtenir une maturité exemplaire. De nombreux millésimes anciens témoignent de l'excellence dans le temps de Lafleur dont les 1947, 1961, 1975, 1982, 1990 sont des exemples frappants. Plus proche de nous, 2000 et 2005 sont taillés dans la même veine. Les classiques Lafleur 2008, 2004, 2001 ou même 1999 enchanteront, dans 20 ou 30 ans, les chanceux qui auront l'occasion d'en boire. Actuellement, Lafleur 1978 et 1979 atteignent leur phase optimale de consommation.
Château Lafleur, Les Pensées de Lafleur
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Palette d'arômes floraux et de baies des bois, mais également de cèdre. Richesse et onctuosité en bouche avec des tannins d’une suavité charmeuse au grain fin. Longueur phénoménale de fruit sur le palais!
Un immense Lafleur, tout en plénitude, interminable.. à attendre, impérativement!