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ÉTUDES DES CHÂTEAUX ET VINS DE BORDEAUX

Château Larcis Ducasse

Saint-Emilion Grand Cru

Grand Cru Classé

dernière mise à jour : dimanche 04 décembre 2011
 

Château Larcis-Ducasse est situé au bout de la célèbre Côte Pavie, un des meilleurs terroirs de Saint-Emilion. Son vignoble est l’un des plus précieux héritage de la civilisation romaine, des vins étant déjà produits à Lucaniac près de Saint-Emilion, au IVème siècle.

Le Domaine

Des moines ont ensuite voué leur vie à étudier et travailler la vigne durant tous ces siècles. Ce savoir-faire ancestral a mis en évidence les terroirs qui, aujourd’hui, produisent les grands vins. Château Larcis-Ducasse est acheté en 1893 par Henri Raba dont la famille a fait fortune, au 18ème siècle, dans le transport maritime. N’ayant par d’héritier, Larcis-Ducasse revient à sa nièce, Hélène Gratiot Alphandéry en 1941. Après la libération en 1944, elle dirige Larcis-Ducasse avec le régisseur Pharaon Roche avant que son fils en devienne le gérant en 1990. Actuellement, la propriété appartient toujours à la famille Gratiot Asphandéry. Depuis le millésime 2002, la gérance de Larcis-Ducasse a été confiée à Nicolas Thienpont (Pavie-Macquin). Avec les conseils avertis des oenologues Stéphane Derenoncourt et Julien Lavenu, Nicolas Thienpont poursuit les efforts réalisés pour améliorer la qualité des vins du domaine.

Des études précises des terroirs de Château Larcis-Ducasse ont été réalisées et géologiquement, le vignoble est constitué d’un bloc planté sur plusieurs formations, du pied de côte, remontant jusqu’au plateau. La parcelle du bas repose sur des nappes alluviales quaternaires, de texture sablo-argileuse faiblement calcaire en surface, correspondant aux dépôts fluviatiles de la Dordogne. Sur les premières pentes de formations tertiaires, on retrouve des terres argilo-calcaires de nature colluviale au dessus de sable fluviatile. Sur les pentes les plus fortes, qui présentent jusqu’à 25% d’inclinaison, on trouve de la molasse du fronsadais datant du Sannoisien, une roche calcaire tendre de texture fine (limono argileuse). L’argile de Castillon apparaît à l’approche du plateau, une argile verte à nodules calcaires d’une épaisseur d’un mètre environ. Les terres argilo-calcaires de Château Larcis-Ducasse se trouvent sur le plateau calcaire. Ce calcaire à astéries est fossilifère et présente trois faciès. Il est composé d’une couche peu épaisse d’argile d’huîtres, puis de calcarénite, un calcaire à grain fin et enfin de calcirudite, riche en fossiles grossiers de la base vers le sommet. A Larcis-Ducasse, chaque cépage est adapté au sol sur lequel il est planté. Combinée aux cépages, cette palette de terroirs donne naissance à des expressions diverses et complémentaires qui participent à la complexité des vins produits à Larcis-Ducasse.

À la vigne

Regardant la vallée de la Dordogne, exposé plein sud et bien ventilé, le vignoble de 10,5ha en coteau de Larcis-Ducasse est délimité en 4 grandes zones de sols aux propriétés très différentes. La préservation des haies, le travail sur la perméabilité des sols et l’installation de drains superficiels dans des allées enherbées, permettent de capter les eaux de ruissellement et d’éviter l’érosion des sols. Le vignoble ne craint ni les gelées, ni la canicule étant coupé des vents du nord et protégé par la rivière. Grâce à l’alternance de chaudes journées d’été et de nuits rafraîchissantes sous l’influence de la Dordogne, le raisin mûrit pleinement. A Larcis-Ducasse, le vignoble est continuellement renouvelé sur une rotation de 80 ans environ (âge moyen du vignoble 35ans) et la densité de plantation passe progressivement de 5’800 pieds actuellement à 7’500 pieds par hectare. On laisse reposer les sols plusieurs années et on les draine avant toute nouvelle replantation. 

Concernant le travail à la vigne, chaque pied est individuel. L’objectif du vigneron est de maîtriser la vigueur des ceps, le rendement ainsi que de contenir les attaques des parasites afin de produire des raisins de qualité. La philosophie à Château Larcis-Ducasse est que si le sol est équilibré, la vigne va s’y plaire. L’autre objectif est de diminuer les travaux engendrant le compactage du sol et de favoriser l’enherbement spontané qui permet de contribuer au progrès du vin par une diminution naturelle des rendements. La taille se fait manuellement et est individualisée sur chaque plant (guyot double, mais certains pieds moins vigoureux n’auront qu’un aste). L’ébourgeonnage se fait fin avril avec une sélection de bois sur plant, cette action sera déterminante sur le volume de la récolte. L’équipe de David Suire pratique également des échardages et des effeuillages pour assainir l’environnement des grappes. L’effeuillage est et nord se fait fin juin – début juillet après la nouaison. Il permet de mieux ventiler la grappe et d’empêcher le botrytis de se développer, tout en procurant de l’ombre aux grappes exposées sud. L’éclaircissage qualitatif se fait au moment de la véraison et sert uniquement à enlever les grappes en retard de maturité. Par exemple, afin d’obtenir une diminution de rendement de 10%, il faut enlever 20 à 30% des grappes autrement le vigne compensera cette perte sur les baies restantes. Les traitements sont appliqués en fonction des risques parasitaires en veillant à ne pas nuire à l’équilibre naturel. Le sol de Larcis-Ducasse est entretenu par des griffages ou de légers labours. Dans le but d’oxygéner les sols avec les pluies hivernales, la vigne peut être labourée. Pour éviter l’érosion, soigner la structure du sol et faciliter la vie microbienne on y sème quelquefois un mélange de céréales et de légumineuses. Les vignes étant naturellement trop faibles, la fertilisation (organique et non minérale) se fait à l’automne, par des composts biodynamiques ainsi qu’avec des pulvérisations bio au printemps. A part la lutte contre la pourriture grise qui se fait en conventionnel, tous les traitements s’effectuent avec des produits bio, l’essentiel étant de trouver le bon équilibre. La dynamique des sols est essentiellement favorisée par les micro-organismes, les champignons et bactéries ainsi que les petits animaux. Ils sont l’interface entre le sol et la plante.

La date optimale des vendanges est décidée par des passages manuels afin de vérifier les comportements homogènes de la vigne et le goût des raisins. Les écarts de maturité selon les zones peuvent varier. Il est possible que le raisin, (notamment le Merlot) soit ramassé entre 3 et 15j d’écart pour affiner les maturités. Les vendangeurs interviennent dès que la maturité tannique et la fraicheur aromatique ont été trouvés. Un premier tri est effectué à la vigne.

Au chai

L’arrivée de la vendange de Larcis-Ducasse se fait par le haut du chai via une table de tri, puis est mis sur un tapis élévateur de 2m qui mène le raisin jusque à l’érafloir. Pas de foulage. Un troisième tri est effectué sur une table vibrante, les critères de tri étant de ne garder que ce qui est mangeable. La vendange éraflée est mise (raisins entiers) dans des bastes de 35l puis, par gravité, les grains sont mis en cuves ciment à capacité adaptée au parcellaire. Les cuves sont remplies de Co2 (ambiance inerte). Les raisins y sont écrasés sous leur propre poids.

Après 24h, 30 à 40% du jus est libéré sans foulage. Après un léger sulfitage (pas de levurage), la fermentation malolactique démarre en deux à trois jours avec des levures indigènes. Le jus libéré fermentera 10 à 12 jours la fermentation alcoolique étant plus longe qu’avec des levures sélectionnées. Cette période permet une bonne macération et d’ajuster les extractions qui sont plus douces. Le chapeau de marc va macérer 3 à 4 semaines au cours desquelles des remontages fractionnés permettront d’extraire délicatement la couleur, les arômes et les tanins. Des saignées, servant à rétablir la juste proportion jus, peau, pellicule sont décidées (notamment pour le rosé) selon la grosseur des grains (plus le grain est gros et plus on procède à des saignées). A noter que jusqu’en 2007 (inclus) les extractions se faisaient par remontages manuels avec un délestage au cœur de la fermentation. Depuis 2008, le cuvier de Larcis Ducasse est équipé d’un pigeur sur toutes les cuves, permettant d’éviter le délestage qui est une méthode violente d’extraction. Tout le processus d’extraction est piloté par dégustations. Après les deuxièmes remontages des macérations permettent de faire gagner du gras au vin. Les écoulages se font après 22 à 30 jours dans un autre cuvier pour homogénéiser les lies puis le vin est mis en barrique avec des lots qui restent séparés durant tout l’élevage. Entre novembre et mars, la fermentation malolactique se fera en barriques (66% de bois neuf) avec un peu de sulfitage. Les barriques sont en chauffes moyennes afin de mieux structurer les arômes et proviennent de tonneliers bourguignons. Deux soutirages, adaptés selon les lots, sont effectués durant l’élevage, puis le vin est remis dans la barrique d’origine afin de faire des choix plus fins de tonneliers. A noter que la propriété n’effectue plus de batonnages depuis 2008 et que le vin est toujours fait en légère réduction afin d’éviter que l’oxygène n’apporte de l’oxydation excessive. A la fin de l’élevage, le vin est stabilisé. Si nécessaire des essais de collages sont faits, mais la propriété n’applique que les traitements les plus adaptés aux caractéristiques du vin. Ce dernier est prêt à être mis en bouteille après 12 à 18 mois d’élevage sur lies fines. Après une légère filtration, l’embouteillage se fait par un prestataire de service, sous azote inerte. La propriété effectue également un gros travail de recherche sur les bouchons.

En bouteille

Avant que l’équipe de Nicolas Thienpont ne reprenne la gestion de la propriété en 2002, Château Larcis-Ducasse manquait principalement de constance dans sa production. Capable de sortir des vins remarquables comme le Larcis-Ducasse 1990, le domaine peinait cependant à bien mettre en valeur son exceptionnel terroir. Depuis le millésime 2003, les progrès sont spectaculaires, grâce aux nouveaux moyens mis en œuvre et la qualité des derniers millésimes se situe très clairement au dessus de la moyenne de l’AOC Saint-Emilion. S’ils peuvent parfois paraitre un peu austères dans leur jeunesse, les vins récents de Larcis-Ducasse seront, après 5-10 ans d’évolution, de dignes ambassadeurs des meilleurs Rive Droite, racés et raffinés avec une superbe expression minérale. Des vins fins que tout amateur se doit de suivre de près !

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Larcis Ducasse, Saint-Emilion

VINS PRODUITS PAR LA PROPRIÉTÉ

Larcis Ducasse

ÉVALUATION PAR RAPPORT À L’AOC - SAINT-EMILION GRAND CRU

Millésime Note absolue Note relative à l'AOC Ecart type
2009 92.8 101.4 1.56
2008 91.9 101.8 2.28
2007 90.5 101.6 2.34
2006 91.3 101.6 1.94
2005 88.3 100.4 5.29
2004 89.2 102.4 3.29
2003 86.7 100.5 4.1
2002 83.5 97.7 4.02
2001 77.5 91.5 4.48
2000 82.2 95.3 4.02
1999 82.9 97.1 5.32
1998 86.2 98.0 3.59
1997 85.0 98.8 4.66

COMMENTAIRES DE DÉGUSTATION

Alain Bringolf - 03/2009

Goûté à la propriété.
Arômes gourmands de cassis et de cerise, d'une grande pureté olfactive.
Bouche particulièrement bien construite et harmonieuse, parfaitement équilibrée entre la finesse des tannins et un fruit particulièrement expressif. Le corps ne présente aucune aspérité, sphérique avec une tension minérale qui porte le vin jusqu'à la finale, persistante et fraîche, parfois à la limite de l'amertume.
Du doigté pour produire un très beau vin assez cérébral. Excellent !

Les Châteaux de l’appellation «Saint-Emilion Grand Cru»

 


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