Château Montrose se situe à Saint-Estèphe. Lors du Classement Impérial de 1855, la propriété de Montrose a été classée 2ème Grand-Cru Classé.
C'est en 1778 qu'Etienne Théodore Dumoulin acheta aux enchères, un bout de lande ayant appartenu à la famille Ségur. Se doutant qu'on pouvait y faire pousser de la vigne, il défriche petit à petit la terre et il y fait planter les premiers hectares de vignes de Montrose. Constatant rapidement que les résultats étaient plutôt bons, il y fait bâtir un petit château au style dépouillé et qui n'était, à l'origine, qu'une résidence de campagne pour l'été et la période des vendanges. Le domaine s'appelle alors Montrose-Ségur et passe rapidement, de 5 hectares de vignes en 1825 à 96 hectares en 1866, date où Matthieu Dollfus rachète le domaine, le réorganise, réaménage et modernise les méthodes de vinification et fait construire trois cités pour les ouvriers travaillant au domaine. Il dote même Château Montrose d'un port privé afin de pouvoir embarquer directement ses barriques sur des gabares. Après avoir appartenu durant plus d'un siècle à la famille Charmolüe, la propriété est vendue en 2006 à Martin et Olivier Bouygues.
Les vignes du Château Montrose couvrent une vaste aire homogène d'un seul tenant le long de la Gironde, sur une croupe silico-graveleuse, au-dessus d'une couche argilo marneuse superbement exposée et qui oblige les vignes à aller chercher, très profond, leurs besoins hydriques. L'encépagement médocain classique de Montrose (seulement 25% de Merlot) donnait, jusqu'à la fin des années 1990, des vins généralement charpentés, musclés et de grande garde. L'équipe actuelle travaille dans le sens de l'élaboration de vins à la trame tannique soyeuse et élégante et de la recherche de l'équilibre avec une expressivité aromatique traduisant la maturité optimum des baies récoltées. Cette volonté se traduit également au niveau de l'encépagement par une proportion de Merlot en augmentation (34%) et moins de Cabernet Franc.
Après des vendanges manuelles le raisin est trié avant d'être déversé dans des cuves inox thermorégulées. La macération alcoolique durera environ 30 jours. Le Grand Vin de Montrose vieillira en barriques, 70% neuves, durant 18 mois.
Etant l’un des Grand Crus les plus septentrionaux du bordelais, Montrose tire souvent grand avantage de sa situation géographique proche de la Gironde, ainsi que de la géologie favorable de son beau terroir lors des années sèches ou chaudes comme en 2003, 1990 ou 1989. Pendant la décennie 1970, les vins de Montrose semblaient parfois manquer de concentration. Les progrès entrepris depuis ont été couronnés par les réussites rappelées ci-dessus. Notons encore un remarquable Montrose 1996 de grande garde. Si Château Montrose 2000 est une réussite de l'appellation, Montrose 2002 est également de très belle qualité tout en ayant le mérite d'être d'un prix encore relativement abordable sur le marché. Outre ses quelques fulgurantes réussites, Montrose a récemment progressé lors des millésimes plus difficiles où il présente, désormais, des vins jeunes moins sèveux et plus savoureux qu'il y a 10 ou 20 ans. Nous suivrons avec intérêt l'évolution de Montrose sous la toute récente direction du tandem Bouygues - Jean-Bernard Delmas, longtemps responsable au Château Haut Brion.
Montrose, La Dame de Montrose (second vin)
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Aspect rouge rubis, encore jeune bien qu'un peu terne.
Arômes fins de fruits mûrs, pruneau, âtre froid, poivron, mine de crayon.
Fruité et soyeux, avec une trame tactile. Peu de profondeur, un peu monolitique avec une finale ronde, mais de peu de relief.
Agréable à table.. sans plus. A boire dès maintenant. Potentiel probable: 2010-2015.