Ouvert trois heures avant, pas décanté.
La robe est superbe: rubis profond, lumineuse.
Le nez est un carrousel de produits rares: truffe noire, cuir de Russie, ambre, fruit rouge, violette, grand cigare cubain, bois de cèdre fumé, fauve/animal, gousse de vanille... on peine à relever le nez du verre tellement c'est riche en impressions!
Enfin on porte le nectar en bouche. Immédiatement on est submergé par des sensations soyeuses, une rondeur magnifique qui emplit chaque pore du palais. Aucune agressivité, une ampleur qui roule et roule dans la bouche en vagues successives.
La définition parfaite de l'élégance et de l'équilibre. La longueur est exceptionnelle pour un vin rouge. Plusieurs minutes après, on le sent encore en rétro-olfaction. Réellement incroyable...
Alain Bringolf - 07/2007
Belle couleur rubis lumineuse avec des reflets légèrement tuilés.
Magnifique palette aromatique, à la fois complexe et élégante, combinant le bois de cèdre, le cachou, des notes cacaotées, la cerise, ainsi qu'une merveilleuse note florale. Quelques discrets arômes tertiaires (mine de crayon) complètent le tableau.
L'attaque est très douce, ronde et expressive, avec des tannins finement perceptibles. Remarquable tension sur toute la bouche qui prend une forme longiligne avec une extraordinaire minéralité rappelant le graphite. Quelle expression inspirée! Sans être d'une ampleur énorme, je constate que les différents éléments ne sont pas totalement intégrés, laissant croire encore à un certain potentiel de garde.
Un pur moment de plaisir!
Laurent Gibet - 2007
Pour le Club Toulousain In Vino Veritas
Nez racé mais un peu fané évoquant Pauillac : cassis, minéral, havane, épices, vieux cuir, champignon.
Bouche un peu avachie, qui fait plus vieille que son âge, austère, avec de plus un poil de verdeur.
Pas vraiment satisfaisant à ce niveau de cru, cette expression performante sur le fil du rasoir.
Alain Bringolf - 08/2004
Ouvert 3h auparavant - non décanté.
Toute chose ayant une fin, voici donc la dernière bouteille de mon stock initial de 12 qu'on ouvre ce soir (Ah, l'heureux temps où l'on pouvait encore acheter un 1GCC pour environ 200 francs français!).
Servi à l'aveugle, je m'amuse toujours (intérieurement) de la réaction de mes convives... et en effet, ce 87 en trompe plus d'un!
La robe est encore sombre, plus profonde que celle de Larcis-Ducasse 89.
Le nez est très ouvert, bien qu'encore marqué par le bois, et exhale des arômes vanillés, de cuir et de fruit rouge. Petit rappel d'amande amère à l'aération.
La structure est fine, soyeuse, et seule une légère verdeur des tannins trahit un millésime de petite réputation. La finale, sans être monumentale, se déroule harmonieusement et sans faux-pas.
Mes invités se grattent la tête - on penche pour un vin de la rive gauche. Bravo! Certains, sur la pointe des pieds osent un millésime...1995? Stupéfaction! C'est Margaux 87! Eh ben dis donc, totalement bluffés!
Vin généreux qui se donne entièrement et très vite. En effet, en fin de repas, le fond de verre se déglingue. Le nez vire sur de curieuses notes mycosées alors que les tannins s'assèchent quelque peu, faisant ressortir une acidité que ne contrebalance plus le fruit initial.
Je pense qu'il est temps aujourd'hui de terminer ces bouteilles si on ne souhaite pas risquer de désagréables surprises d'ici quelques années.
Alain Bringolf - 06/2005
Robe pas du tout évoluée, rubis foncé.
La classe du vin saute littéralement au nez. C'est complexe et élégant avec des notes d'ambre, de cuir, de framboises et de truffe noire.
Sur le palais, le fruit paraît très solaire, avec des tannins délicats qui rehaussent une trame dense. Grande précision. Magnifique finale, peut-être plus courte qu'attendue.
Selon Paul Pontallier, le 2003 risque fort de lui ressembler.
Avec ce 1989, il s'agit de la vendange la plus précoce du XXème siècle, qui commença d'ailleurs à la même date qu'en 2003!
Frédéric Godin - 01/2007
Non carafé.
Robe soutenue, à peine évoluée.
Arômes de fruits mûrs, cassis, framboise avec de discrètes nuances de cèdre légèrement fumé. Vin très fin et complexe, ne souffrant que d'un manque de profondeur en comparaison des grands millésimes.
J'ai pris beaucoup de plaisir à le boire, vraiment très réussi dans un millésime souvent ingrat.
Laurent Gibet - 11/2006
Pour le Club Toulousain In Vino Veritas
Robe impressionnante, presque noire.
Nez boisé, minéral, renfrogné en l'état, dans un registre opaque, avec une pointe de menthol.
Bouche mastoc, vertébrée par une acidité importante. L'élevage semble résulter d'une conduite ambitieuse mais il reste un peu de brutalité dans cette silhouette pourtant margalaise. On peut ainsi lui reprocher d'être trop extraite, anguleuse et de manquer de charme (à suivre).
Alain Bringolf - 06/2005
Apparence grenat profond.
Nez charmant et un peu confit de raisin de Corinthe et de bois de cèdre merveilleusement bien intégré.
Structure puissante, dense, gardant un magnifique raffinement tout au long de la bouche. Tannins un peu marqués en finale.
Très beau, mais il faut impérativement attendre une dizaine d'années pour profiter de tous ses charmes.
Alain Bringolf - 05/2002
Nez ample, touches herbacées et épicées.
Bouche fruitée, un peu herbacée (mentholée, poivrée) qui emplit totalement le palais. Belle structure avec un certain caractère féminin.
Facile à apprécier. Là encore, l'envie nous vient de boire ce 99 dès maintenant...
Alain Bringolf - 07/2006
Robe encore pourpre, dense et profonde.
Le nez est actuellement très ouvert avec des arômes fruités de cassis, réglisse, floral et vanille. Après quelques minutes, la palette aromatique se complexifie encore avec des notes envoûtantes de Havane et même de truffe noire. Quel régal!
La bouche est peut-être moins expansive que pour le 2003 bu en parallèle, mais le 2000 est d'une suprême élégance. Une structure serrée, parfaitement équilibrée et longue. Beaucoup de gras et un grain de tannins d'une légèreté inouïe, déjà intégrés à la pureté d'un fruit excellemment tendu par une fraîcheur parfaitement calibrée.
Un vin d'anthologie qui semble bien parti pour entrer au Panthéon du domaine.
Alain Bringolf - 05/2004
Par rapport aux autres Premiers Grand Crus, Margaux 2001 offre la palette d'arômes la plus aboutie.
Fruit mûr magnifique, épices doux, un doux boisé vanillé... un régal!
Par contre, la structure semble plus souple que les Pauillac de son rang, mais cependant charnue et d'une belle ampleur.
Impression fugace de verdeur en fin de bouche, mais rassurez-vous: l'ensemble reste remarquablement goûteux.
Alain Bringolf - 05/2005
Beaucoup de finesse au nez, cerise, pivoine, fraise des bois, graphite.
Attaque en bouche pleine de suavité, satinée, puis la trame se resserre avec l'apparition de tannins de grande classe qui persistent jusqu'en fin de bouche. Encore marqué par le bois.
Quelle finesse!
Alain Bringolf - 05/2006
Couleur très profonde.
Arômes complexes de boîte à cigares, cèdre, cassis, anis. Boisé finement toasté.
L'attaque en bouche est très franche sur un fruit opulent. Tannins serrés mais pas dominants. Grande richesse de fruit, très profond et luxuriant. La persistance en bouche est époustouflante.
Un très grand Margaux!
Alain Bringolf - 05/2006
Bouquet admirablement expressif, principalement floral, fruit mûr avec un petit côté vanillé. Léger réglisse au second nez.
Structure puissante, mais gardant toujours ce côté aérien propre au style de Margaux grâce à la finesse de ses tannins. Belle persistance dont la finale semble, à ce stade, quelque peu dissociée par le retour du bois.
Patience, ce Margaux sera un très grand vin dans quelques décennies.
Probablement la bouteille la moins atypique de la soirée, dans le sens qu'elle exprime bien son terroir d'origine, ce qui est loin d'être le cas avec d'autres crus dégustés vu les conditions très particulières de ce millésime.
Alain Bringolf - 06/2007
Nez original et complexe de cacao, un peu boisé, réglisse, épicé et pruneau.
Finesse de grain en bouche, équilibré et corps sphérique présentant une bonne tenue. Finale élégante mais que j'aurais pu imaginer un peu plus complexe.
Un beau vin qui manque juste de volume et de densité pour faire partie des très grands du millésime.
Alex Rychlewski - 04/2008
Nez encore sous le boisseau, avec une légère odeur d'éther. Se développe ensuite vers de subtils arômes de chocolat.
Structure beaucoup plus riche que pour le Pavillon Rouge, dont la texture n'est que moyennement serrée. Fruit doux et frais, d'une belle pureté. Agréablement sapide et bonne persistance sans agressivité. Semble avoir déjà bien intégré le bois, ce qui indique un caractère sous-jacent vigoureux. Surprenant lorsqu'on sait que la mesure des tannins pour ce 2007 fut la plus élevée au château depuis 1982!
Un vin davantage de style élégant que puissant.